L'Athoise




En bref…

La Royale Union Athoise des Etudiants de Louvain fut fondée en 1884 par Emile Gorlia, futur juge de paix à Ath, ainsi que d’autres camarades athois, et a pour but principal de rassembler les étudiants provenant de la région d’Ath sur le site universitaire de Louvain-la-Neuve (de Leuven à l’époque). L’Athoise œuvre aussi à représenter le folklore et le patrimoine culturel de la région athoise sur le campus néo-louvaniste. Les régionales wallonnes ont cette particularité de défendre leurs racines et leurs folklores issus des différentes régions de Wallonie. La régionale Athoise n’est pas en reste, Ath étant une ville chargé de folklore ; ainsi, elle propose chaque année aux habitants et étudiants néo-louvanistes une sortie des répliques des géants M. et Mme Goliath, qui représentent les vrais géants de la Ducasse d’Ath qui a lieu chaque année le 4e dimanche d’août dans cette même ville. De plus, toujours comme vitrine de ce formidable folklore, la régionale organise deux soupers aux moules tous les ans, l’un à Ath et l’autre à Louvain-la-Neuve. Le souper aux moules étant une tradition athoise qui veut que l’on en mange à chaque fin de Ducasse, tous les 8 de septembre. Les étudiants athois ne dérogent pas à la règle. Ceux-ci doivent également apprendre quelques chants bien athois, au cours du baptême ou pour leur corona, dont le fameux « Grand Gouyasse ». Des expositions sont aussi organisées par la R.U.A.E.L. pour faire découvrir les différents recoins et folklores de la région athoise. La régionale perpétue aussi les traditions en lien avec le folklore estudiantin, tel le baptême, guindailles ou autres, ou calottin, comme les passages de calotte, cantus ou autres. Elle joue aussi un rôle dans l’animation néo-louvaniste, en organisant des soirées et en prenant part à des évènements majeurs de la cité universitaire comme les 24h vélo, le Carnaval Fédé, la Semaine Fédé, et autres, tout cela bien sûr sous l’égide de la Fédération wallonne des régionales de l’UCL, dont l’Athoise est une des régionales. Une université serait bien triste sans folklore, et Louvain-la-Neuve ne pourrait donc se passer de la « plus folklorique des régionales » !

Les couleurs de l’Athoise sont pourpre, argent et or (mauve-blanc-jaune). La régionale a pour symboles sur ses blasons les géants M. et Mme Goliath, l’aigle bicéphale, ainsi que la tour de l’église Saint-François de Louvain-la-Neuve (pour établir le lien avec la jeune cité universitaire). Les Athois sortent généralement en short, et ce depuis la moitié des années 90’, et consomment avec modération leur alcool spécial, le « Ptit Jôn ». Les répliques des géants M. et Mme Goliath sont bien sûr les grandes fiertés de la régionale. Les étudiants athois s’accordent à dire que « l’Athoise est une petite régionale à grand standing »…

Rapide historique de l’Athoise

1884 : c’est l’année de fondation de la régionale. L’Union Athoise regroupe essentiellement des étudiants de l'arrondissement administratif d'Ath et des anciens élèves du Collège Saint-Julien de cette même ville. Son premier président est Emile Gorlia, étudiant en droit et futur juge de paix à Ath. Les premières années de l'Union Athoise sont très mal connues. Elle constitue une "locale" de la Hennuyère, provinciale des étudiants de la province du Hainaut fondée le 18 décembre 1885 : ces locales correspondent aux six arrondissements administratifs de la province du Hainaut : Mons, Charleroi, Tournai, Ath, Thuin et Soignies. Les étudiants athois de l'Université de Louvain participent aux réunions de l'Athoise et de la Hennuyère.

Les statuts de l'Union Athoise sont rédigés sous la présidence de Louis Jéhansart durant l'année académique 1894-1895, plus précisément lors d'une assemblée générale tenue le 29 novembre 1894. Elle comprend trois types d'adhérents : les membres protecteurs (souvent des personnalités, telles le principal du Collège Saint-Julien le chanoine Walravens et le représentant catholique de l'arrondissement d'Ath, le comte Edouard de Rouillé), les membres honoraires (les anciens étudiants) et les membres effectifs.

Le 20 et 21 février 1904, l'Athoise fête ses vingt années d'existence : elle offre à ses invités un vin d'honneur, puis un concert suivi d'une dégustation le premier jour ; une messe solennelle, une conférence, un banquet et un punch d'adieu composent la journée du lendemain. A cette occasion, le drapeau de la société, aux couleurs de la ville d'Ath et "confectionné par les demoiselles Walravens de Lessines", est béni lors de la célébration eucharistique ; de plus, le chant de la régionale est composé pour la circonstance : il est intitulé "Calotins Athois".

L'Union Athoise, après les épreuves de la Première Guerre mondiale, ressuscite au début de l'année 1920 "grâce au dévouement du camarade Wallemacq". A cette occasion a lieu la présentation du nouveau bureau de la société, suivie d'une série de chants, guindailles et petites scènes. L'année suivante, la régionale organise, sous la présidence d'Emile De Sénépart, des réunions où la partie récréative prend de plus en plus d'importance : celles-ci se tiennent à l'époque "chez Dominique" et se terminent vers 23 heures, suivies généralement par une roulade dans les cafés de Louvain. Ce n'est qu'aux environs du mois de juin 1920 que la Fédération Wallonne est reconstituée, tandis que la Hennuyère l'est à son tour le 20 janvier 1921. Durant l'année académique 1921-1922, le président de l'Union Athoise, Edmond Flasse, cumule cette fonction avec celle de président de la Fédé. En février est créée une nouvelle régionale : la Lessinoise. Son président est Alexis Meynsbruggen (vice-président de l'Union Athoise), et ses membres se font appeler les "francs-carriers".Toutefois, cette régionale a une existence éphémère, celle-ci ayant disparu au début de l'année académique 1922-1923 ; ses cadres sont présents dans le nouveau comité de l'Athoise.

L'année académique 1923-1924 voit une année exceptionnelle, semble-t-il. Sous la présidence d'Adrien Juste, certains Athois se distinguent, dans les roulades, en défiant les "pandoeren" (les policiers, dans le jargon étudiant) ou en escaladant les murs afin de s'introduire dans les pédagogies des étudiantes.

A partir de 1934, la Royale Union Athoise (elle aurait acquis le titre de "Royale" à la suite de son cinquantième anniversaire) entre dans une période sombre : les Athois la délaissent de plus en plus ; certaines réunions se composent de quatre à cinq membres seulement. Ce n'est qu'en 1937-1938, sous la présidence de Jules Mureau, que la régionale va de nouveau reprendre vigueur et faire parler d'elle.

La régionale est sans doute réorganisée durant l'année académique 1945-1946, de même que la plupart des autres régionales, tandis que la Hennuyère ne reparaît plus. A cette époque, l'Athoise compte une trentaine d'étudiants, ce qui ne l'empêche pas d'être active. Au début de l'année académique 1947-1948, sous la présidence d'André Loncheval, une réplique du géant Goliath est construite et sortie lors du cortège de la Saint-Nicolas : oeuvre de Xavier Monseur, le géant est conçu de la même manière que les géants traditionnels de la ville d'Ath, avec un panier en osier et un système de portage semblables. A l'occasion de sa première sortie, le géant, Xavier Monseur et André Loncheval sont décorés de l'ordre du Coq Hardi, ordre honorifique de la Fédération Wallonne. Le géant Goliath est ainsi sorti lors de chaque cortège de la Saint-Nicolas par les étudiants athois, qui le font danser et entament des farandoles tout autour. A chaque sortie, le géant fait impression sur la population de Louvain et sur les autres étudiants.

Durant l'année 1949-1950, un ordre honorifique, l'Ordre du Gouyasse, est créé, tandis que les premières étudiantes apparaissent au sein de la régionale. A partir des années 1953-1954 et ce jusqu'en 1960, la Royale Union Athoise connaît un succès grandissant. Par exemple, l'Athoise regroupe en 1954 environ 110 inscriptions. Vers la fin des années 1950, l'Athoise a un tel renom que des étudiants d'autres régions s'y inscrivent. Pour son 75ème anniversaire, elle organise un grand bal de gala au château de la Berlière à Houtaing, le 6 décembre 1958 : le Ministre des Affaires Etrangères Pierre Wigny y assiste.
De 1960 à 1964, l'Athoise propose encore de multiples activités, sous les présidences de notamment Hubert Platiau et Christian Schol. Toutefois, dès l'année académique 1964-1965, l'Athoise entre dans une période de déclin et disparaît pratiquement de la scène universitaire, semble-t-il. Durant cette période sombre, on qualifie la régionale Athoise de "la Athoise-on-dort" !

Le déménagement de la partie francophone de l'Université de Louvain sur le site de Louvain-la-Neuve et de Louvain-en-Woluwe ne s'est pas fait du jour au lendemain. Les premiers étudiants arrivent à Louvain-la-Neuve en octobre 1972, au nombre de 800 ; le déménagement complet est terminé sept ans plus tard, en 1979. Les facultés, à tour de rôle, s'installent sur leur nouveau site, la dernière à déménager étant celle de Philosophie et Lettres à partir de 1975.

Ce déménagement contribue à la disparition de la plupart des régionales, déjà disparues ou à bout de souffle. Suite au phénomène de dispersion des étudiants et au nouveau cadre de vie tranchant avec celui de la ville de Louvain, les régionales vont disparaître, à une seule exception : la Lux ou Société Luxembourgeoise des étudiants de Louvain. Cette provinciale réussit à se maintenir, et malgré la dispersion des étudiants entre Louvain, Louvain-la-Neuve et Louvain-en-Woluwe, son premier président est élu en 1977 sur le site de Louvain-la-Neuve.

Au sein de la Lux vont se regrouper bon nombre d'étudiants provenant de toutes les régions de la Wallonie, et "leur esprit spontané de folklore estudiantin va bien vite stimuler les pionniers des autres régionales". Les unes après les autres, d'année en année, les régionales réapparaissent, les comités se forment et les diverses activités sont mises sur pied et se multiplient. La Fédération Wallonne réapparaît également, et propose des manifestations diverses communes à toutes les régionales, comme la Semaine Fédé et le Carnaval.

Dès 1979, l'Athoise recommence ses activités : sous le nom de "Comité Etudiant du Pays Vert", cette société est organisée sur le site de Louvain-la-Neuve par Thierry D'Hondt, Philippe Berthe et Philippe Duprez. Dès cette année, elle propose de multiples activités, comme la participation aux 24 heures à pied d'Ath, la participation aux 24 heures vélo de Louvain-la-Neuve, une soirée d'ouverture au dancing Mackenzie à Brugelette, des soirées à Louvain-la-Neuve et à Rebaix, des concours de cartes, et la sortie d'un journal intitulé "A Tu et Athois".

Le premier président est Christian Cannuyer, choisi pour sa personnalité marquante tant à Ath qu'à Louvain-la-Neuve. Une cinquantaine de membres sont inscrits la première année, et proviennent pour la plupart du site de Louvain-la-Neuve. Toutefois, plusieurs étudiants de Louvain-en-Woluwe, de Namur et de Tournai sont également inscrits, et viennent régulièrement aux réunions et au bar hebdomadaire. L'année suivante, Christian Cannuyer reste président, et l'Athoise se loge au n°18, rue des Bruyères ; cette année-là, l'Athoise redécouvre son chant "Vive Pommeroeul" et une partie de son histoire à Louvain grâce à Jacques Tilliet, ancien membre de la régionale.

En 1981, l'Athoise, à l'occasion du 500ème anniversaire du géant Goliath, organise une danse des géants Goliath et Mme Goliath lors d'une fête organisée par les résidents de Louvain-la-Neuve pour l'occasion. A côté des rendez-vous traditionnels qui échelonnent la vie estudiantine louvaniste, les étudiants athois mettent sur pied un festival de la chanson wallonne à Ath le 28 novembre 1981, avec le Gaumais Jean-Claude Watrin et le groupe Jean Chabot Beton ; cette manifestation accueille environ 200 personnes en la Salle Georges Rolland. Une centaine de membres participent aux activités culturelles, récréatives et sportives de la régionale. Jusqu'en 1986, la société continue à proposer diverses activités.

Durant l'année académique 1985-1986, sous la présidence de Thierry Azorne, une exposition sur la ville d'Ath est montée dans le communautaire de l'Athoise (au n°26 de la rue des blancs chevaux) et une pièce de théâtre, interprétée par les scouts FSC d'Ath, est organisée à la ferme du Biéreau en février 1986. A cette époque, l'A tu et Athois paraît (il comporte de 4 à 8 pages) et un bar est organisé entre Athois tous les mardis dans le communautaire.

Toutefois, l'Athoise disparaît durant l'année académique 1986-1987, mais l'année suivante, plus précisément en février 1988, l'Athoise reparaît au premier plan grâce à des étudiants comme David De Roy, Laurent Postiau, .... La participation au cortège Fédé de l'année 1988 est exemplaire : 18 figurants représentant les révolutionnaires athois de 1830 et 14 musiciens. L'année 1988-1989, sous la présidence de David De Roy, voit la tenue, en collaboration avec La Maison des Historiens, d'une remarquable exposition du 7 au 19 mars 1989 aux Halles universitaires : "Le folklore des géants processionnels et de cortège". Plusieurs centaines de documents et des géants sont exposés.[1]

Pendant l’année académique 1991-1992, et à l’occasion du Carnaval Fédé, l’Athoise refait une réplique du géant Goliath. Cette réplique, avec cependant quelques retouches, est encore gardée de nos jours par les étudiants de la régionale Athoise. Quelques années après la recréation du géant Goliath, les étudiants lui ont offert une femme et ont ainsi réalisé la réplique de Mme Goliath. Les deux géants sont sortis chaque année au Carnaval Fédé, jusqu’en 2014. L’Athoise organise en effet depuis 2015 un cortège dans les rues néo-louvanistes mettant en scène son folklore local. En 2014, la Royale Union Athoise des Etudiants de Louvain a fêté son 130e anniversaire, et a réalisé deux activités majeures à cette occasion : une exposition suivie d’un banquet rassemblant les différentes générations de la R.U.A.E.L. dans la région athoise, ainsi qu’un cortège folklorique avec d’authentiques géants de la région d’Ath à Louvain-la-Neuve. Ces festivités ont connu un franc succès. Ainsi, depuis 1988, la régionale Athoise s’est consolidée tant sur le site néo-louvaniste que dans la région athoise, et elle offre une large palette d’activité à ses membres et à ses sympathisants : un souper moules à Ath et un à Louvain-la-Neuve, participation aux activités de la Fédé, ouverture, visite au marché de Noël à Bruxelles, bal, cortège folkloriques, coronae, bibitives, expositions, semaine culturelle. Au fil des dernières années, bon nombre d’activités sont venues s’ajouter dans l’agenda de la régionale.

[1] MORANCÉ Sébastien, « La Royale Union Athoise des Etudiants de Louvain : aperçu historique », dans Annales du Cercle Royal d’Histoire et d’Archéologie d’Ath et de la région et musées athois, t. LVI, Ath, Cercle Royal d’Histoire et d’Archéologie d’Ath et de la région, 1998.

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