La Bruxelloise




Les origines

Il existe à l’Université Catholique de Louvain une assez vieille tradition d’associations d’étudiants bruxellois. La plus ancienne d’entre elles semble être la Société Générale des Etudiants Catholiques Bruxellois, fondée le 31 janvier 1895 et dont la devise était : "Sans peur ni bravade". La Société Générale, communément appelée la "Gé Bruxelloise", portait bien la marque de son époque. L’apparition de cette association rencontra l’hostilité de l’U.L.B., mais fut unanimement applaudie dans les milieux catholiques vu son militantisme peu commun. La tradition attribue d’ailleurs à son fondateur, Edmond Carton de Wiart, la paternité de la calotte (voir infra).

Association d’envergure, regroupant finalement tant les étudiants bruxellois de Louvain que ceux de Saint-Louis et de l’ICHEC, la Gé Bruxelloise connut une fin moins glorieuse. En 1953, elle organisa un bal de gala dans une salle proche du Coudenberg. Celui-ci se solda par un tel déficit que la société se révéla insolvable et ne put éviter la dissolution.

Quelques années plus tard, en 1955, une nouvelle association bruxelloise vit le jour : l’Union Bruxelloise des Etudiants de Louvain. Cette nouvelle association, plus modeste par la taille et les ambitions, se présentait plus sous l’aspect d’une association estudiantine "traditionnelle". Ses statuts peuvent encore être consultés aux archives de l’UCL. Malheureusement, à l’instar de plusieurs autres associations régionales, l’UBEL sombra en 1973, lors du transfert de notre Université de Louvain à Louvain-la-Neuve.

La Bruxelloise aujourd’hui

Le transfert de l’UCL hors de la région de langue néerlandaise fut décidé en 1968. Après 6 études des différentes possibilités, les autorités académiques portèrent leur choix sur deux sites. Le premier, destiné à accueillir la Faculté de Médecine, était déjà défini bien avant la crise de Louvain. Il s’agissait de terrains situés à Woluwé-Saint-Lambert, en région bruxelloise, où se trouve aujourd’hui le site de Louvain-en-Woluwé. Le second, situé à Ottignies, devait accueillir le reste de l’Université. C’est notre Louvain-la-Neuve d’aujourd’hui. Le transfert de l’UCL fut étalé sur sept ans, et se fit faculté par faculté. Cela explique que pendant les sept années où l’UCL se trouvait répartie sur trois sites, les associations régionales, à vocation intrinsèquement inter-facultaire, eurent bien du mal à survivre. Beaucoup furent mises en veilleuse pendant cette période.

C’est en 1986 que quelques étudiants décidèrent de remettre sur pied une association Bruxelloise à Louvain-la-Neuve : la Régionale Bruxelloise des Etudiants Louvanistes. Malheureusement, il reste peu de traces des débuts de cette régionale, qui est toujours celle que nous connaissons actuellement.

Le chant

Toute association estudiantine qui se respecte dispose de son chant. Les Bruxellois ne dérobent pas à la règle. La Régionale Bruxelloise des Étudiants Louvanistes a connu deux chants. Le premier était le célèbre "Millardedjeu!", chanté sur l’air de "Mon beau sapin". Par décision du Président de l’année 1995-1996, ce chant fut remplacé par un autre, aux paroles plus variées.
Il s’agit du "Chant des étudiants bruxellois", déjà chanté au Cercle des Etudiants Bruxellois de l’ULB.

{Ref:} J’suis bruxellois voilà pourquoi
En ville, je suis chez moi.
Je me promène sur les boulevards
Au milieu des richards.

Je vais rue Haute
Pour faire le Claude
Chez Jef Trompette
Au coin de sa charrette.

Et vers une heure,
Je vais rue Neuve,
Lécher les plats
Du restaurant Sarma.

Place De Brouckère,
Un dernier verre,
Le treize barré
Et je vais me coucher, ohé!

Le drapeau

L’histoire du drapeau de la Bruxelloise est tellement pittoresque qu’elle mérite bien d’être racontée ici. Prenons cependant quelques précautions, car il s’agit pour l’instant d’une tradition purement orale ... On raconte que le drapeau de la Gé Bruxelloise a été retrouvé en 1993. En avril de cette année, trois camarades participent à une grande manifestation contre le séparatisme. A cette occasion, ils font connaissance avec un ancien combattant, qui leur prétend détenir ce drapeau. Celui-ci aurait été "emprunté" par un officier en partance pour la Corée désireux d’emmener un souvenir, lors du fameux bal de 1953. Il aurait donc flotté sur les positions onusiennes en Corée. En fin de compte, l’ancien combattant décide de leur remettre cet étendard.

La Bruxelloise a pu ainsi récupérer le drapeau vert et rouge de la prestigieuse Gé Bruxelloise, sur lequel est entre autres brodée en lettres d’or la célèbre devise "Sans peur ni bravade" (ce drapeau est d’ailleurs visible sur les photographies de la rentrée académique de septembre 1993). L’année académique suivante, soit 1993-1994, suite à une brouille avec son comité, le Président est "mis en congé" en cours d’année, et part en emportant le drapeau. Depuis, le contact est devenu difficile avec lui. Pour ceux que cela intéresse, nous disposions encore il y a peu de deux drapeaux. L’un est très grand et d’origine inconnue. Il servait lors de nos diverses activités guindaillantes (coronae, bars, soirées...). Sa trace fut perdue au cours des années 2000. L’autre, de dimension plus raisonnable, est plus récent puisqu’il nous a été généreusement offert par la Ville de Bruxelles en 1997. Il était auparavant réservé aux occasions "sérieuses" (rentrée académique, fête patronale...), où les risques d’atteinte à son intégrité sont moins importants. Mais, hélas, il était dit que l’espérance de vie des drapeaux de la RBEL serait courte puisque ce dernier fut également perdu lors du banquet de Noël 2012. L’actuel drapeau de notre régionale est donc son remplaçant. Il fut consacré par le prêtre de Louvain-la-Neuve en 2013 et est désormais utilisé lors de tous les évènements folkloriques auxquels la Bruxelloise participe.

Evénement folklorique

Et oui, nous avons aussi notre folklore à Bruxelles, nous avons décidé de vous en dévoiler une partie ici. C’est en 2013 que la première reconstitution du Meyboom eut lieu à Louvain-la-Neuve. Cette journée a permis aux étudiants de différentes régionales de découvrir cette tradition bruxelloise. Le cortège a démarré à la Bruxelloise et s’est terminé à la place Galilée où un quizz sur Bruxelles a permis d’élire Madame chapeau. Pour terminer cette journée, un repas steak-frites-salade fut proposé aux participants

~ Le Meyboom

Comme toutes légendes vivantes, celle du Meyboom (arbre de joie) est en constante évolution. Celle à laquelle tous se réfèrent aujourd’hui a été forgée en 1308 : la plantation du Meyboom (Arbre de Joie) daterait de 1213, année où Bruxelles « remporte la victoire sur Louvain ». L’antique usage aurait donc 800 ans?

A cette époque, les bourgeois de Bruxelles fréquentaient volontiers des guinguettes, que l’on appelait alors des Granges, situées au nord de la ville, au-delà des remparts, à l’endroit dit du Marais aux Cygnes (à l’emplacement du quartier actuel de la rue du Marais). Le fisc communal, qui percevait de lourdes taxes sur la bière dans les établissements de la ville, n’avait aucun droit de taxer hors des murs la boisson favorite des Bruxellois. Le lambic se débitait donc à prix doux aux Granges du Marais.

Des Louvanistes, en querelle avec les Bruxellois à propos des taxes sur la bière, se présentèrent en force dans le quartier une après-midi de 1213 et attaquèrent à l’improviste la Grange dénommée Het Cattenhuis où une noce bruxelloise festoyait. Les convives se retranchèrent dans l’établissement où se trouvaient des arbalétriers : les Compagnons de Saint-Laurent. Ceux-ci se présentèrent les premiers au secours des assiégés. En récompense de ce coup d’éclat, le duc Jean de Brabant fit octroi à la Guilde de Saint-Laurent d’un statut corporatif. Jean III décida, en plein accord avec l’échevinage de Bruxelles, de fusionner la Guilde du Marais aux Cygnes avec le Serment des Arbalétriers. Les membres de la Guilde de Saint-Laurent entrèrent de plein droit dans le Serment en qualité de Sociétaires de la Corporation Civile. A ce titre, le droit de planter le Meyboom leur fut confié.

On décida de procéder à la plantation la veille de la fête de Laurent, leur saint-patron : le 9 août. Mais c’est en 1308 seulement qu’ils exercèrent leur privilège pour la première fois; de ce fait, ils purent affirmer procéder à la cérémonie pour la 706e fois en 2014.

L’Histoire, jetant un clin d’œil au folklore, raconte que la plantation doit être réalisée avant 17 heures, sous peine de voir le privilège passer sous les mains des Louvanistes.

~ Composition du cortège

1. Les Compagnons de Saint-Laurent ;
2. Les Bûûmdroegers : les valeureux porteurs de l’Arbre ;
3. La Fanfare Bruegel : créé en 1958 ;
4. Gardevils et Madame chapeau : Créé en 2001, ils doivent leurs origines au fait que quelques trublions perturbèrent une fête du Meyboom. Ils servent à vérifier la bonne conduite du public, protéger les membres des différents groupes mais aussi l’Arbre. Ils sont aussi à l’initiative de l’élection de madame chapeau; suite à un cortège dans Bruxelles, des personnes de sexe féminins ou masculins répondent à des questions posées sur la célèbre pièce de théâtre en bruxellois « Bossemans et Coppenole ». Ils sont ensuite départagé(e)s via un concours de dégustation de Gueuze et une série de questions sur la culture Bruxelloise... ;
5. La roue de la fortune : aussi présente lors de la représentation de l’Ommegang ;
6. Les gardes champêtres : créé en 1910 ;
7. Les Poepedroegers (les géants) : Jan, Meeke, Bompa, Boma, Rooske, Jefke, Pitje, Janneke ;
8. Les Kêrstoempers : s’occupent de la charrette avec les fleurs.

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